mercredi 31 octobre 2012

Vidéo: L'attaque des drones

Réalisé par les néerlandais Vincent Verweij et Fred Sengers, Attack of The Drones aborde les questions éthiques soulevées par l'usage prolifique des drones (guerre, sécurité, surveillance, etc)... et abordées deux ans plus tôt par mon analyse dans Les guerres low-cost


Je ne garantis point que les aficionados du Predator-B et compagnie apprécieront ce documentaire de 24 minutes... qui vaut tout de même un dégagement par l'épaule. Francophones pur jus s'abstenir.

lundi 29 octobre 2012

« Mr le Président, nous avons trouvé Ben Laden. »

Dans un article aussi long qu'accrocheur, Vanity Fair décrit comment la Maison Blanche, la CIA et les US Navy SEALS concoctèrent le raid qui mena à l'élimination du leader d'Al-Qaïda.


A l'automne 2010, deux analystes seniors de la CIA - travaillant sur le cas Oussama Ben Laden depuis plus de 5 ans - furent introduits dans le Bureau Ovale et montrèrent au président Barack Obama des cartes et des photos de la banlieue résidentielle d'Abbotabad. Dans une multitude de pavillons, figurait un compound cerné de hauts murs barbelés et dépourvu de ligne téléphonique et de connexion Internet. Ses occupants brûlaient leurs ordures plutôt que les remettre à la voirie, quittaient la villa pour passer des coups de fils et les enfants présents ne se rendaient point à l'école.

La CIA n'avait jamais été aussi sûre de son coup depuis Tora Bora mais le président resta sur sa réserve et encouragea l'agence à pousser les feux dans son investigation.

Tous les moyens furent bons pour identifier plus précisément les occupants de ce mystérieux compound: agents sur le terrain, filatures, drones, images satellitaires, location d'un pavillon à Abbotabad, etc. En quelques mois, ils conclurent que le nombre de femmes et d'enfants occupant cette résidence correspondait exactement à celui de la famille proche de Ben Laden. Parallèlement, une photo aérienne prise par un drone permit d'identifier un très proche du leader d'Al-Qaïda faisant les cent pas dans le jardin.

Barack Obama ordonna à Leon Panetta, directeur de la CIA à l'époque et aujourd'hui SecDef, de préparer un plan d'action. L'agence aurait aisément pu recourir à une Delta Force mais préféra s'en tenir aux services des US Navy SEALS.

L'option d'un bombardement aérien de précision fut envisagée mais il aurait fallu cibler le compound avec plus de 20 tonnes de bombes pour le détruire complètement et éliminer instantanément tous ses occupants... en provoquant d'inévitables pertes et dégâts collatéraux pour le voisinage. L'option d'un raid héliporté fut donc retenue mais l'Amiral Bill Mc Raven (US Navy SEALS) fit part des risques tant réels que probables d'une telle opération dans une zone urbaine en plein territoire pakistanais...

Lire l'intégralité dans Vanity Fair: The Hunt For Geronimo. Article connexe: L'armement des Navy SEALS

vendredi 26 octobre 2012

Robots, Russie et dystopie: The Gift

J'adore l'ambiance froidement futuriste, l'intrigue aussi mystérieuse qu'accrocheuse, la beauté des effets spéciaux et de l'animation 3D...


The Gift est un court métrage infomercial réalisé en 2010 par Carl E.Rinsch pour la campagne publicitaire du téléviseur Philips Cinema 21:9 Ambilight. Qu'y a-t-il donc de maléfique dans cette boîte à rêver? 

mercredi 24 octobre 2012

Vidéo: la stratégie américaine de cybersécurité

Invité de Defense News TV, le Dr. Irving Lachow du Center for a New American Security explique la nouvelle stratégie de cybersécurité (ou de cyberdéfense?) du Pentagone. Francophones pur jus s'abstenir.


Selon lui, le Cyber Command deviendra plus opérationnel lorsqu'il disposera de règles d'engagement claires et précises car il doit encore obtenir l'autorisation préalable de la Maison Blanche avant chaque attaque/riposte éventuelle. 

mardi 23 octobre 2012

Vidéo: frayeurs du ravitaillement en vol

L'AWACS s'approchait dangereusement du Stratotanker lors d'une infructueuse manoeuvre qui endommagea la perche de ravitaillement. Une telle proximité entre ces gros appareils a failli provoquer une collision car l'avion de surveillance était littéralement « aspiré » par l'avion-ravitailleur.



Heureusement, l'E-3 Sentry entreprit une manoeuvre brutale de dégagement qui a tout de même du générer quelques G négatifs proprement effrayants pour son équipage. On entend également l'opérateur du KC-135 hurler dans son micro...

Le drone Airburr crashe et redécolle

Les petits ou gros drones sont quasi systématiquement K.O après un crash ou une collision. D'où la nécessité de les équiper de systèmes anti-collision complexes, lourds et onéreux.


Inspirés par les coccinelles et les sauterelles qui peuvent autant éviter que téléscoper des obstacles sans subir de dommages, des ingénieurs du Laboratory Intelligent Systems (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) ont conçu l'Airburr, un petit drone autonome qui, en plus de redémarrer après une collision, peut s'extirper d'un endroit difficile d'accès.


Sa légère cage flexible en fibre de carbone protège ses systèmes embarqués et ses fines pattes rétractables lui permettent de se relever avant de redécoller. D'une certaine façon, l'approche de l'EPFL privilégie la robustesse et la résilience au détriment de la complexité. Bien joué.


samedi 20 octobre 2012

Ces femmes que j'aime (2): Reshma Saujani, Girls Who Code

Ce n'est un secret pour personne: l'immense majorité voire la quasi-totalité des programmeurs-développeurs sont de sexe masculin. Il en est de même, à divers degrés, pour les formations supérieures en science et technologie.


Financé par Google, Twitter, eBay et General Motors, le programme Girls Who Code a été crée sous l'égide de Reshma Saujani, autrefois juriste au New York City Deputy Public Advocate (rattaché à la mairie de New York) et candidate perdante à la Chambre des Représentants en 2010.


mercredi 17 octobre 2012

Le Quadski hybride quad et jet-ski

Nom: Quadski. Type: quadricycle amphibie. Constructeur: Gibbs Sports Amphibians Inc. (Michigan, Etats-Unis). Moteur: BMW 4 cylindres. Vitesse sur terre/eau: 70 km/h. Transition terre-eau: 5 secondes. Prix de vente annoncé: 40 000 dollars / 30 000 euros. Date de mise en vente annoncée: 2014. 


Est-il possible de démarrer puis d'accélérer la production du Quadski plus tôt que prévu afin que je cesse de rêver d'un quad d'une part, et d'un jet-ski d'autre part?



Nuit étoilée à bord de l'USS Enterprise (photo)





mardi 16 octobre 2012

La puissance n'est plus ce qu'elle était

Selon Francis Gutmann, « […] la puissance, à présent, ne se confond plus, comme elle le fit longtemps, avec la seule force. Ses éléments se diversifient, en même temps ses effets deviennent plus incertains. Au reste, les plus forts ne sont plus toujours les plus puissants. La violence des faibles peut les rendre plus forts que les plus puissants. » 


« [...] La coexistence entre les bouleversements politiques et les évolutions technologiques majeures font que de plus en plus d’États, y compris parmi les moins développés, sont devenus en mesure de s’attaquer à de plus puissants qu’eux. Qu’il soit le fait d’États ou d’organisations non étatiques, le terrorisme d’autre part permet de gravement atteindre ceux-ci à défaut de les détruire. […] Plus un pays est avancé, plus en effet il devient vulnérable, à la fois par les réactions d’une opinion de plus en plus sollicitée, et parce qu’il est possible de désorganiser avec peu de moyens les systèmes complexes qui caractérisent une société évoluée. […] Ainsi, il n’y a plus de forts absolus, ni de faibles totalement désarmés. La puissance militaire, pour importante qu’elle demeure, est devenue relative. […] Avec la mondialisation et les interdépendances qu’elle engendre, tous les pays voient leur puissance limitée et leur vulnérabilité accrue par le fait d’autrui. Aussi la croissance renaissante aux États-Unis peut-elle être compromise par la persistance de la crise en Europe, tandis que la Chine n’échappe pas entièrement à la situation dans le reste du monde. La puissance économique est elle-même devenue également relative. […] Il n’y a plus, il n’y aura plus sans doute à l’avenir de pays, de puissances véritablement dominants. On peut moralement s’en réjouir. Il est permis de se demander si la paix ne viendra pas à en pâtir. Mais il est vrai qu’au temps du régime des blocs, le monde, partagé entre seulement deux grandes puissances, n’était certes pas lui-même sans danger. »

Francis Gutmann, Diploweb: La puissance n'est plus ce qu'elle était

lundi 15 octobre 2012

La résistance au changement en 10 points

Pourquoi êtes-vous autant effrayé ou aussi inerte face aux mutations de votre environnement social, économique et/ou technologique ? 


Motifs. 1/ La perte de contrôle. 2/ L'excessive incertitude. 3/ L'effet de surprise. 4/ Des changements d'habitudes. 5/ La peur de perdre la face. 6/ Des compétences remises en question. 7/ Des efforts supplémentaires à fournir. 8/ Les répercussions. 9/ De lointains ressentiments. 10/ Une menace très réelle.

Rosabeth Moss Kanter, HBR Blog: Ten Reasons People Resist Change

mercredi 10 octobre 2012

Robert D.Kaplan: le retour fracassant de la géographie

Robert D.Kaplan a une vision parfois un peu trop américaine de la géopolitique mais toujours aussi enrichissante:

« […] Geography can reveal as much about a government's aims as its secret councils. More than ideology or domestic politics, what fundamentally defines a state is its place on the globe. Maps capture the key facts of history, culture and natural resources. With upheaval in the Middle East and a tumultuous political transition in China, look to geography to make sense of it all. […] Technology has collapsed distance, but it has hardly negated geography. Rather, it has increased the preciousness of disputed territory. As the Yale scholar Paul Bracken observes, the "finite size of the earth" is now itself a force for instability […] Counterintuitive though it may seem, the way to grasp what is happening in this world of instantaneous news is to rediscover something basic: the spatial representation of humanity's divisions, possibilities and—most important—constraints. The map leads us to the right sorts of questions.


Why does President Vladimir Putin covet buffer zones in Eastern Europe and the Caucasus, just as the czars and commissars did before him? Because Russia still constitutes a vast, continental space that is unprotected by mountains and rivers. Putin's neo-imperialism is the expression of a deep geographical insecurity. […] Nor is it an accident that Greece, in Europe's southeastern corner, is the most troubled member of the EU. Greece is where the Balkans and the Mediterranean world overlap. It was an underprivileged stepchild of Byzantine and then Turkish despotism, and the consequences of this unhappy geographic fate echo to this day in the form of rampant tax evasion, a fundamental lack of competitiveness, and paternalistic coffeehouse politics. »

Robert D.Kaplan, Wall Street Journal: Geography Strikes Back

mardi 9 octobre 2012

En quoi les musulmans sont-ils utiles à l’humanité?

Kamel Daoud n'y va pas de main morte:  

« Sur la scène de la création vaut mieux se proclamer aujourd’hui extraterrestre que musulman. Car cette nationalité céleste détient désormais le monopole de la bêtise, de la capacité d’être manipulable jusqu’à l’absurde, de l’idiotie, de la détresse et du meurtre et des fatwas surréalistes. Bien sûr ceux qui ont tué l’ambassadeur US, en Libye il y a quelques jours, sont dix ou vingt et ceux qui manifestent contre les ambassades de l’Occident en les incendiant ne sont que quelques milliers sur le total du milliard mais n’empêche : les autres se taisent, reculent, ne disent rien et laisse faire ou regardent ailleurs. Du coup, les arabes/musulmans n’ont pas la nationalité du plus intelligent mais celle du plus fou de leur village. Du coup, il faut assumer la confusion puisqu’on la laisse faire. Puisqu’on préfère culpabiliser devant les islamistes. Puisqu’on choisit de s’exiler pour leur laisser les pays. Puisqu’on n’ose pas leur répondre, qu’on s’écrase, qu’on acquiesce et qu’on glisse avec eux sur leur pente folle de leur interprétation moyenâgeuse du sacré. » 


« […] Et qu’on arrête de crier au complot, de se croire victime d’une théorie mondiale, de voir les juifs partout même dans mon nom de famille et de multiplier les analyses fumeuses : l’évidence est là. Sur vos télés et dans les rues. Il faut choisir vite : rejoindre l’humanité ou pas. Repenser l’Islam ou pas. Car pour le moment il y a de quoi pleurer et rire en regardant des hirsutes brûler un drapeau allemand pour dénoncer l’Amérique et confondre un Etat et un malfrat,  un clip Youtube et une hystérie.  Dieu et une barbe. Musulman/Arabe ? Non, ce qui est écrit sur mon passeport est clair : « algérien ». Cela ne tombe pas du ciel ni ne me vient de mes ancêtres. C’est quelque chose que je fabrique moi-même pour mes enfants. »


lundi 8 octobre 2012

Infographie: la dette publique japonaise

Elle représente 212% du PIB de l'archipel nippon (contre 99% pour les Etats-Unis) et s'élève à 86 282 dollars/habitant. 


Plus de 90 % de cette dette « est entre les mains de ses citoyens par le biais de caisses d'assurances, de caisses de retraite, de fonds d'investissement et de la banque centrale japonaise. Cela assure au pays une stabilité de son financement et le met à l'abri des attaques spéculatives » (cf.Radio Canada).  

vendredi 5 octobre 2012

Les conséquences stratégiques des élections américaines

Pour leur rentrée, les Cafés Stratégiques invitent Maya Kandel, chargée d’études à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM), qui nous entretiendra de l'impact stratégique des élections américaines 2012 sur le reste du monde.


Venez nombreux le jeudi 11 octobre 2012 à 19-21h au Café le Concorde  239 boulevard Saint-Germain - métro Assemblée Nationale. Certains auront (une fois de plus) l'opportunité de croiser quelques membres d'Alliancegeostrategique.org.

Oui, nous existons, sommes réels et respirons le même oxygène que vous...

jeudi 4 octobre 2012

Menaces persistantes pour cibles molles

Selon Stratfor, les tactiques et les choix de cibles effectuées par les organisations terroristes (très au fait des vulnérabilités et des mesures de sécurité) correspondent à un cycle ou à un modèle opérationnel méritant plus d'attention.


Ainsi, les ambassades, les vols commerciaux, les événements sportifs, les grands hôtels/restaurants, les lieux à forte fréquentation commerciale ou touristique, les bâtiments administratifs, les transports en commun et les écoles constituent des cibles de prédilection. Depuis la tuerie provoquée par un tireur solitaire lors d'une première de Batman à Aurora (Colorado, Etats-Unis), les cinémas constituent également des « cibles molles ». 

mercredi 3 octobre 2012

Les lois antitrust nuisent-elles à l'innovation et à la compétition?

Autrefois (c-à-d avant l'Internet et la téléphonie mobile, ignares!), les grandes firmes étaient soumises à des lois antitrust (aux Etats-Unis) ou au droit de la concurrence (en Europe) a fortiori lorsque leurs stratégies consistaient à quasiment geler l'innovation/la compétition dans leur secteur d'activités grâce aux fameux abus de position dominante. Aujourd'hui, des grandes firmes technologiques comme Google, Apple, Samsung, Microsoft, LG et compagnie sont à la fois très innovantes et très compétitives, et ce, quand bien même l'une d'entre elles occuperait une confortable pôle position comme c'est le cas pour l'iPhone et l'iPad (Apple) sur les marchés des smartphones et des tablettes tactiles... où la concurrence fait bel et bien rage.  


Selon Adam Thierer, auteur du blog TechLiberation.com et chercheur à la George Mason University, les autorités de régulation devraient changer de fusil d'épaule: plutôt que réguler la concurrence (notamment via les traditionnels indices de prix, de qualité et de quantité) et donc l'innovation dans le secteur technologique et être perpétuellement dépassées par une « e-conomie » à vitesse exponentielle mue par des activités hautement convergentes (la preuve par Google, Apple et Microsoft versant à la fois dans l'informatique, le Web, la téléphonie, les loisirs numériques, etc), elles feraient mieux de réglementer les enjeux liés à la protection de la privée. Très intéressant. 

mardi 2 octobre 2012

Israël vs.Iran: bon à savoir...

1. Israël ne parviendra guère à éliminer « l'Iranium » en un seul jour ou en un seul raid.
2. L'Iran ne pourra empêcher l'aviation israélienne de pénétrer son espace aérien et de frapper à volonté.
3. L'aviation israélienne devra survoler un autre pays musulman afin d'atteindre l'Iran...
4. … Et ravitailler ses chasseurs en vol afin qu'ils disposent d'une marge de carburant pour aller-revenir et éventuellement combattre dans les airs.
5. Même si l'aviation israélienne réussissait à toucher toutes les infrastructures de l'Iranium (scénario très improbable), cela ne suffira point pour convaincre l'Iran d'abandonner son programme nucléaire.


Le duel opposant le président américain Barack Obama à son rival républicain Mitt Romney battra son plein au mois d'octobre. Soyons fous: faisons un peu de politique-fiction pour une nuit de l'automne 2012.

Benyamin Netanyahou: Monsieur le Président, nos chasseurs viennent tout juste de pénétrer l'espace aérien iranien.
Barack Obama: Notre surveillance aérienne en Arabie Saoudite et dans le Golfe persique m'en a déjà informé, Monsieur le Premier Ministre. 
Benyamin Netanyahou: Alors, on fait quoi?
Barack Obama:


lundi 1 octobre 2012

Des économies plus efficaces sans main d'oeuvre?

Co-auteur de Race Against the Machine, Andrew McAfee estime que les économies (post-)industrialisées seront de plus en plus productives mais nécessiteront de moins en moins de main d'oeuvre, ceci du fait des performances sans cesse améliorées des logiciels, des robots et des réseaux informatiques. Cette perspective constituera un immense défi tant sur le plan politique que social et économique.


Toutefois, Andrew McAfee ne cède point aux nombreuses sirènes de la dystopie et demeure persuadé que la technologie permettra d'une façon ou d'une autre à l'humanité de dépasser ses limites physiques et mentales - et ce, sur tous les continents sans exception - et donc de s'inventer un avenir nettement meilleur et probablement différent... mais que nous ne pouvons pleinement concevoir à l'heure actuelle.